Novembre 2025

Atalie

Gasparini

Enregistré sous le label Chateau de Versailles - Spectacles

Camille Poul • Bastien Rimondi • Mélodie Ruvio • Furio Zanasi
Ensemble Hemiolia
Emmanuel Resche-Caserta

Critiques

Sensuelle tout autant qu’haineuse, l’intensité des accents furieux de la soprano est marquante, celle-ci relevant avec une théâtralité incarné l’air phare qui débute la seconde partie de l’ouvrage, passant de l’arioso au récitatif et à l’aria avec une évidence confondante.
timbre plastique, doué d’accents tragiques intenses, Camille Poul, malgré quelques duretés métalliques dans la voix, incarne une Athalie schizophrène, attendrie et barbare, vengeresse et délirante : son grand air qui ouvre la partie II, atteint un vérisme avant la lettre, un réalisme expressif qui explore avec justesse, la richesse formelle, laquelle mêle dans un style très naturel et proche de la parole théâtrale, arioso, aria, recitativo : « Ombre, cure, sospetti » / ombres, manigances, soupçons… scène de plus de 6mn, et point fort de la partition qui met à nu la tyranne sanguinaire et la furie bientôt défaite…; l’épisode permet à la soprano de déployer tout son ambitus tragique, source en réalité d’une grande souffrance intérieure (un gouffre mental qui dans la partie I, s’exprime déjà dans le superbe air « Se vedessi le mie pene ») ; dans ce début du II, dans ses épanchements qui confessent une destruction psychique, dans le souffle dramatique confié au continuo (les cordes suractives, impérieuses), la séquence, majeure, préfigure les héroïnes haendéliennes (d’Alcina à Agrippina…, c’est dire).
Enfin, Camille Poul incarne pleinement et absolument Atalia, tant par la maîtrise de la tessiture, la souplesse dans tous les registres, l’assurance et la projection de ses aigus, la beauté du médium et surtout la théâtralité sans faille de ses nombreuses interventions, variant à loisir les facettes du personnage, à la foi tyran sanguinaire, folle paranoïaque et Reine ivre de pouvoir, allant jusqu’à des accents de tendresse pour Ormano ou des éclairs de rage à l’encontre du Grand Prêtre qui font frissonner l’auditoire, lequel applaudit sans bouder son plaisir à la dernière note du choeur final pour cette (re)création originale et audacieuse.

extraits

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